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L'histoire de "Miss Nashville" le F-10
Focus-Cat de la 8th U.S.A.A.F.

Par Renaud Pouge,
avec la participation du Col. Peter Dustman, (ret) qui
effectua cinq missions à bord de Miss Nashville
et l'aide de Eddie Rosier.
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LE F-10 de la 8th U.S.A.A.F.
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Issu
d'un lot de cinquante appareils destinés à la 12th
Army Air Force qui opère en Afrique du Nord et prépare l'Opération Torch, un
B-25C Mitchell reste pour évaluation au dépôt de la
8th A.A.F. à Honnington. Mystèrieusement, il ne rejoindra jamais les
unités combattant Rommel en Afrique du Nord.
Affecté
ensuite à des missions de liaison jusqu'en septembre
1943, il est est donné en dotation à la
reconnaissance aérienne.
Il
semble selon plusieurs sources que la 8th U.S.A.A.F.
n'ait disposé que d'un seul F-10. Le mystère s'épaissit
lorsqu'on en retrouve la trace au 25th B.G, et au 7th
P.R.G.
Comme
tous les appareils arrivant en E.T.O. (European
Theater of Operations) le B-25 C portant le serial
42-53357 était peint en Olive Drab pour les surfaces
supérieures avec des surfaces inférieures gris
neutre. Il fut initialement affecté au 7th
Photographic Reconnaissance Group. Un équipage fut
chargé de le convoyer à Langford Lodge pour une mise
au standard F-10 "Focus Cat".
Les
modifications réalisées sur le terrain sont les
suivantes :
- remotorisation
- Le B-25 perd
toutes ses plaques de blindage et la majeure partie de
son armement défensif. Il ne conserve que sa tourelle
dorsale et une mitrailleuse de calibre .50 (12.7mm).
Les trois canons sont pourvus de cache-flammes afin de
ne pas éblouir les mitrailleurs et le pilote lors du
tir.
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Suppression de la
tourelle inférieure qui alourdit l'appareil.
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une caméra est installée derrière la soute à
bombe, à l'emplacement de la tourelle ventrale. C'est
la seule dotation en caméras jusqu'en mai 1944, d'après
des informations fournies par Peter Dustman qui
effectua cinq missions à bord du F-10 de la 8th
U.S.A.A.F. d'ajout d'un séquenceur permit de déclencher
le largage des bombes photo-flash M-46 en
synchronisation avec la cadence des prises de vues.
En
juillet 1944, un ordre prioritaire enjoignit au 25th
Bomb Group d'assurer des missions de reconnaissance
nocturne au dessus des sites de V-1, V-2, et V-3,
implantés par l'Organisation Todt dans le
Pas-de-Calais et dans le Cotentin. Les De-Haviland
Mosquito, prévus pour cette tache étant toujours en
conversion sur la base de Landford Lodge, le F-10 du
7th P.R.G. fut prêté au 25th Bomb Group, au même
titre que quatre B-26 Marauder.
Peter
Dustman fut affecté au 25th Bomb Group début mai
1944, et devait voler sur Moquito PR Mk XVI, alors en
cours de transformation pour la 8th U.S.A.A.F. Il
effectua cinq missions au dessus de la France, à bord
du B-25 Mitchell.
L'arrivée
des Mosquito mit un terme à la carrière du F-10 au
sein du 25th Bomb Group. Il fut dès lors affecté au
7th Photographic Reconnaissance Group de Mount Farm, où
il subit une nouvelle cure de jouvence.
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la partie avant fut transformée pour accueillir trois
caméras K-17 ou K-19 montées en gondole, ce procédé
appelé Trimet permetant d'avoir une couverture photo
des plus complètes.
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Au cours de son service au sein du 7th P.R.G. Miss
Nashville subit plusieurs modifications. L'été 1944
le voit entre autres doté d'un radar similaire à
ceux utilisés par les PBJ-1J de l'U.S. Navy.
Il fut baptisé "Miss
Nashville" et orné d'une superbe pin-up.
Après
un passage par une livrée Pathfinder Blue, il fut
repeint en Night Black, une teinte brillante qui outre
le fait de se ternir relativement vite, révélait la
mission attribuée à "Miss Nashville" : la
reconnaissance photographie nocturne.
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700 MILLIONS DE BOUGIES...
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La
bombe Photoflash M-46 (Musée de Harrington -
http://www.harringtonmuseum.org.uk/
)
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Les
prises de vue nocturnes étaient probablement les plus
délicates des missions confiée aux unités
reconnaissance aérienne.
Avant
même de penser aux photographies, il fallait que l'équipage
de l'appareil s'assure une discrétion maximale afin
de surprendre les activités ennemies. Ceci commençait
donc par le brouillage des radars à l'aide de
bandelettes métalliques "Windows"
Contrairement
aux bombardiers qui parfois effectuaient plusieurs
passage afin de trouver la cible, les avions de
reconnaissance n'avaient qu'une seule chance.
L'approche de la cible était donc particulièrement
importante.
C'est ici qu'intervenait le navigateur dit
"de pilotage" qui
était choisi pour sa connaissance de la région visitée.
Il était Belge, Hollandais ou souvent Français Libre
qui avait fui un pays occupé par les troupes
allemandes. Formé par le Special Operations Executive
(S.O.E) britannique, il volait sous
uniforme de la Royal Air Force et devait mener l'avion
sur sa cible sans la moindre hésitation.
A
l'approche de la cible, le pilote devait stabiliser
son avion, lâcher les
bombes
éclairantes M-46 et enclencher les trois caméras
qui assuraient les prises de vue.
Le F-10 reprenait le cap de Mount Farm après un seul
passage, en évitant toute rencontre avec les
Messerschmitt 110 G-4 ou les Junkers Ju-88 de chasse
de nuit.
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Le F-10 au 1/48ème :
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AIRES A LA RESCOUSSE

Commercialisé peu de temps
après la maquette Accurate, le kit Aires est
digne des réalisations précédentes de
l'accessoiriste Tchèque. Sièges, tableau de
bord, consoles, postes bombardier et navigateur,
bref, tout ce qui a été "oublié"
chez Accurate figure dans la boîte Aires.
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La maquette de base du B-25 provient de la marque américaine
Accurate Miniatures. Cette référence est désormais
disponible sous la marque Italeri.
Elle est moulée dans un plastique de bonne qualité, à
l'exception des vitrages, ce qui est inadmissible pour
une maquette dont le prix frôle les 100 €. A noter que
les pièces transparentes de la réédition italienne
sont de bien meilleure qualité, quant au prix, il a
chuté de moitié.
Pour
le meilleur... et pour le pire :
On
peut dire que dans cette maquette, le meilleur côtoie
le pire. Au rayon du meilleur, des lignes de structure
finement gravées en creux, des moteurs bien détaillés,
des surfaces mobiles particulièrement bien
reproduites et un tableau de bord transparent dont la
conception originale permet d'obtenir une très belle
planche sans trop de difficultés . Au rayon du
pire... les vitres (au risque de me répéter) qui
finiront à la poubelle. Les sièges sont purement
grossiers, sans la moindre ressemblance avec les
vrais. Les habillages de parois paraissent opulents
mais sont totalement plats. Ne parlons pas du
poste bombardier dont l'assemblage demande des dons de
magicien. Le train avant est très fin... vraiment très
fin...
Le B-25 Accurate
représente malgré tout un grand pas en avant par
rapport au B-25 de Monogram. Il faudra cependant
apporter quelques modifications à la maquette du B-25B
pour arriver au standard F-10
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Première partie : les ailes.
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Les
ailes fournies dans la maquette sont très belles.
N'ayant jamais vu de Mitchell "Flaps Down",
je n'ai pas tenté le diable et j'ai laissé les
volets en position haute. De plus, la gravure
d'origine ne rend pas nécessaire la découpe et le
repositionnement des surfaces mobiles.
Après
assemblage des intrados et extrados, les ouverture en
bord d'attaque, prises d'air, et entrées des
radiateurs d'huile sont comblées au sintofer puis
creusées et affinées avec le matériel classique,
fraises de dentiste et queue de rat. Ceci permet de
rendre l'aspect de profondeur de ces ouvertures.
Les
seules modifications importantes seront apportées au
niveau des capots-moteurs et de leurs nacelles. En
effet, notre Mitchell était pourvu de capots sur
lequel étaient apposées les sorties d'échappement
(contrairement au capot fournis dans la maquette
Accurate). Il m'a donc fallu taper dans mes
vieilles boîtes, en l'occurrence un Mitchell Monogram
sur lequel j'ai prélevé les capots. Après avoir
comblé la "marche" qui apparait au niveau
du bord d'attaque du capot Monogram, j'en ai pris une
empreinte et les ai remoulés en résine.
Les
sorties d'échappement ont été creusées avec une
mini fraiseuse. L'emplacement dédié à la sortie d'échappement
du kit Accurate est comblé au sintofer puis poncé et
regravé.
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Les "Gills" ou volets de débit d'air de
refroidissement demandent une refonte ; j'ai choisi de
les réaliser en feuille d'aluminium issue d'une
plaque d'imprimerie offset.
Les
moteurs Accurate sont assez beaux. Seul le système
d'allumage devra être revu. La représentation des
fils en plastique injecté est grossière. Il faudra
donc les remplacer par des fils en cuivre.
L'intérieur
de chaque capot moteur est peint en zinc chromate et
constellé de tâches d'huile.
Les
deux demi-nacelles assemblées, elles prennent place
sous les ailes. Le masticage est quasiment inexistant.
Deux petits tubes sont fixés à l'arrière de chaque
nacelle. Ils représentent le "Fuel jetisson"
ou encore "vide vite".
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Les
missions nocturnes du F-10 demandaient de protéger l'équipage
de la luminosité des phares d'atterrissage. Une
plaque avait donc été insérée dans le bord
d'attaque. J'ai donc réalisé une entaille dans
l'aile de la maquette et ai inséré une fine pièce
de carte plastique en guise de plaque de protection.
Après
cloisonnement des compartiments appropriés, les feux
d'atterrissage sont insérés dans les bords
d'attaque. Ils sont représentés par des phares de
voiture au 1/43ème. Le plexiglas de protection est
représenté par un ruban adhésif transparent. Il
sera protégé par les moyens classiques pour la mise
en peinture.
L'aile bâbord achevée, on recommence avec l'aile
tribord.
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Les
trains d'atterrissages ne seront posés qu'après
peinture de la maquette.
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Deuxième
partie : le fuselage.
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Si le montage des ailes était relativement simple,
avec le fuselage, ce n'est pas la même limonade (même
si mon frère n'est pas gendarme !!!)
La
première étape consiste à établir une liste
exhaustive des modifications à apporter à la
maquette de base.
Poste
pilote :
-
améliorer l'espace réservé au pilote et au
co-pilote par l'utilisation d'une combinaison du kit
Aires et des éléments existants de la maquette ainsi
que celui du radio. Certains détails proviendront également
du kit en photodécoupe Eduard.

L'ajout
de certains éléments tels qu'un gilet de sauvetage (mae-west)
ou encore une revue d'époque apportera une touche de
vie supplémentaire à l'intérieur du poste de
pilotage.
Poste
radio :
-
créer un astrodôme à la place de la vitre supérieure.
-
refaire les vitres latérales pour leur donner
un aspect proéminent.
-
ajouter les équipements radio spécifiques aux
appareils effectuant des missions spéciales.
-
ne pas oublier le réservoir de liquide hydraulique.
soute
à bombes :
-
améliorations classiques, canalisations hydrauliques,
et électriques
-
système d'ouverture des soutes
-
ajout des détails des râteliers
-
création des bombes M-46 "Photoflash" en
utilisant des ailettes en photodécoupe.

poste
arrière :
-
suppression des hublots inférieurs de forme ovale
-
création de hublots sur la partie supérieure du
fuselage.
-
transformation de la tourelle inférieure en radôme (re-merci
Dédé pour le mini-tour)
-
correction de l'aménagement intérieur -
positionnement des réserves de munitions pour la
tourelle dorsale, équipements de sécurité, trousse
de premiers soins. ajout de l'emplacement du canot de
sauvetage.
-
refonte totale de la tourelle dorsale et de son
armement avec l'utilisation des pièces en photodécoupe
issues du set Eduard et des restes d'un set Verlinden
destiné au B-17. La pièce vitrée est poncée au
papier 1000, puis au dentifrice, et enfin avec de la
ouate imprégnée (Abel Auto en grandes surfaces spécialisées)
afin de lui rendre sa transparentce.
On
termine l'intérieur par les toilettes chimiques,
indispensables pour les missions de longue durée.
Poste
bombardier / opérateur de prises de vues :
-
créer la gondole abritant les caméras:
Elle
sera sculptée dans un bloc de mastic de carrossier,
de façon à s'adapter sur la pièce d'origine, avant
de subir un masticage plus fin, suivi de nombreux ponçages.
Les rotules de chaque caméra seront ensuite tournées
individuellement (merci Dédé pour le mini-tour) et
prendront place dans les trous prévus à cet effet
sur la gondole.
-
reproduire les aménagements intérieurs du poste
bombardier - photographe par l'ajout des boîtiers de
caméras Fairchild type K-19. Réalisées en résines,
ces caméras sont dues à Eddie Rosier.
-
refaire l'aménagement de la cloison pare-feu et du
"crowlway". Celle-ci ne sera mise en place
qu'après assemblage des deux demi-fuselages et de la
baignoire avant.
-
les deux parties transparentes devront être
thermoformées, en prenant soin de maintenir une
certaine épaisseur pour la partie frontale qui
supportera l'armement (une mitrailleuse .50) et ses
systèmes de suspension et d'approvisionnement en
munitions. le canon de la mitrailleuse ne sera
mis en place que lors de la phase finale, après
peinture. Une fois le poste avant détaillé, on peut
poser la partie supérieure de la verrière. Le
collage se fait avec deux micro points de cyano (pour
assurer la mise en place) puis une colle banche, genre
"Krystal-Clear".
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Troisième partie : Peinture et finitions |
Peindre une maquette, c'est lui donner son âme. Une
peinture ratée gâchera le meilleur des montages,
alors qu'à l'inverse, une peinture réussie pourra
sauver un montage moyen. La première question à se
poser est : "quel va être mon plan de
peinture" j'entends par là, quels vont être les
sous ensembles qui devront être peints séparément
avant leur assemblage.
Dans
la mesure du possible, il convient de peindre séparément
les ailes et le fuselage d'un appareil multimoteurs.
Les raisons en sont assez simples, cette technique
permet de traiter facilement des zones difficilement
accessibles une fois l'avion assemblé, comme les
flancs intérieurs des moteurs. Cette possibilité
sera particulièrement appréciable au moment des opérations
de peinture des traces de fumée d'échappement. De
plus, si vous choisissez de peindre le nose-art de
votre avion, vous vous apercevrez vite que la nacelle
moteur est particulièrement gênante.
J'ai
donc choisi de faire trois sous-ensembles pour les opérations
de peinture : le fuselage, les ailes et les empennages
verticaux. L'avion a en premier lieu reçu une sous
couche de peinture aluminium Alclad II.
Miss
Nashville arborait une livrée noire. Les mauvaises
langues diront que j'ai eu un rabais sur les pots de
peinture noire, voire même que j'ai braqué un stock
de cette même peinture. Je ferai bientôt un
Black-Widow, il sera vert !!! L'ensemble de l'appareil
est donc peint de cette couleur, puis les nuances
marquant chaque panneau sont rendues en appliquant une
teinte "cassée" avec un mélange de
"Radome Tan" et de "Sand" (Testors).
Pour plus de finesse, la peinture Testors est chauffée
au bain-marie et diluée avec 40% d'essence de térébetine.
Après 24 heures de séchage, l'avion est poli avec
une compresse de gaze, puis certains panneaux sont
retravaillés afin de marquer les stigmates d'opérations
de maintenance suite à des dommages infligés lors
des missions. Avec une lame chirurgicale n°15, les
bords d'attaque et les lèvres des moteurs sont écaillés.
Au contraire de certains appareils tels que les P-61,
Miss Nashville ne portait pas de grandes plaques écaillées,
Mount Farm disposant de moyens substantiel.
Le
numéro de série et les marquages de nationalité
sont apposés au pochoir selon la technique citée
dans de nombreux autres articles de ce site.
Les
traces d'échappement ont demandé la mise en service
simultanée de deux aérographes, le premier contenant
un mélange de brun et de sable, le second du noir. Il
faut compter une demi-journée par moteur, pour la
peinture de ces traces.
Enfin,
on termine par la peinture de la bande de sécurité
(indiquant le danger des hélices) puis par la pin-up.
Un support adhésif découpé selon les contours de la
demoiselle sert de cache pour peindre un voile blanc (à
l'acrylique). Ce voile blanc servira d'apprêt pour la
peinture à l'huile de cette adorable Miss (dire que
l'épouse du général Karl Spaatz demandait qu'on les
rhabille !!!) Après 72 heures de séchage, on peut
s'intéresser à l'inscription "Miss
Nashville" peinte également à l'huile, et à
main levée.
Après
séchage définitif, on peut assembler les différents
sous-ensembles. Les collages sont faits avec une colle
époxy, ce qui garantit un collage fort, tout en
laissant le temps de bien positionner les pièces à
assembler. Après 24 heures, on peut passer aux
derniers détails. Les mats d'antennes sont découpées
au disque dans une lame de cutter. Les réaliser en métal
assure leur solidité et donne la possibilité de
mieux les ancrer. Les fils sont réalisés en
"Pingofil"
Les
hélices fournies dans la maquette sont de bonne
qualité, Seul un petit ponçage sera nécessaire pour
en affiner les extrémités. Après peinture, elles
seront ornées de logos "Hamilton Standard"
venant de la gamme "Archer" de Woody Vondracek.
La
pose des hélices met met le point final à la construction de
l'avion.
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Le diorama : |

Juillet
1944 est marqué par la progression alliée à l'intérieur
des terres françaises, mais la libération du
Pas-de-Calais n'est pas encore d'actualité, et la
menace des V-1 et des V-2 plane toujours sur Londres.
Si l'activité allemande autour des neuf grands sites
destinés au tir de ces armes de représailles ne
s'arrête jamais, elle redouble la nuit, tout
simplement pour éviter les yeux des appareils de
reconnaissance alliés.
Parmi
les cibles privilégiées de la reconnaissance alliée,
figure le site HDP - Wiese de Mimoyecques (Hochdrückpümpe
- pompe à haute pression) qui en fait abritait un
canon à charges multiples destiné à envoyer des
obus sur Londres.
Le
7th P.R.G. est donc chargé d'effectuer des prises de
vues nocturne, mission
confiée au F-10 "Miss Nashville".
L'ensemble de ces photographies mettra en évidence
l'inefficacité des bombardements classiques et
conduira les Alliés à utiliser des bombes "Tall
Boy" de six tonnes.
C'est
le 617 Sqn (Dambusters) qui sera chargé de cette
mission. Le 6 juillet 1944, trois "Tall Boy"
perforent l'ouvrage, l'une d'elles suit un puits et
explose au troisième niveau. Dès lors irrécupérable,
le site sera abandonné par les allemands fin août
1944. On peut souligner au sujet de ce site,
l'existence d'une polémique autour de la mission
"Anvil" qui coûta la vie au du
Lt
Joseph Kennedy Jr (le frère de JFK), le
site de Mimoyecques ayant été cité comme cible de
cette mission. On s'orienterait actuellement vers le
site de Helgoland aux Pays-Bas.
La
présence d'un Français Libre au sein d'une
unité de reconnaissance peut surprendre. Très
tôt, les Alliés ont intégré des résistants
à leurs services secrets (SOE et OSS). Affectés
à des unités de reconnaissance ou à des
groupes de soutien à la résistance, leur
connaissance du terrain permettait aux équipages
de mieux se diriger lors des phases de
navigation à vue. Ces résistants étaient
originaires du pays visé par la mission.
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"Tea
Time for the Yanks..." est une scène
typique des bases alliées. Un GMC Clubmobile de
la croix rouge vient distribuer thé, café et
donoughts en faisant le tour des alvéoles
de la base. |
Pendant
que l'équipage de "Miss Nashville"
dans lequel figure un Free-French se restaure,
l'officier de renseignements de la base fait une
présentation de la bombe M-46 "Photoflash".
Il est accompagné du pilote de Miss Nashville,
d'un mécanicien qui tient la bombe ainsi que de
l'armurier du Group. |
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Après
la construction de l'avion, il a fallu passer au GMC
Clubmobile de la Croix Rouge Américaine. La cabine et
le chassis sont issus d'un kit de GMC citerne qui fut
autrefois commercialisé sous la marque Dèskit. Le
reste du camion est construit avec de la carte
plastique, dont beaucoup provient de cartes pour téléphone
mobile.
Après
aménagement des placards et des étagères, l'intérieur
est peint en blanc. Les étagères sont remplies de boîtes
de conserves, et la caisse est agrémentée d'un réchaud
électrique (situé à l'arrière gauche) sur lequel
est posée la friteuse qui sert à cuire les beignets.
Deux réservoirs, un pour le café, l'autre pour le thé
sont tournés et mis en place de chaque côté des
ouvertures. Un panier contenant les beignets est réalisé
dans un bout de grille, les beignets sont faits en fil
de cuivre.
L'interprétation
des photos noir et blanc est toujours délicate. Après
avoir visité un site de
l'IPMS/USA,
j'ai opté pour une livrée grise. Mais avant de
peindre la caisse en gris, j'ai fait un voile rouge au
niveau des inscriptions "AMERICAN RED CROSS
CLUBMOBILE". A l'aide de "Lettraset"
j'ai protégé le texte, puis enfin passé la peinture
grise. En appliquant un adhésif sur le texte j'ai
ensuite dégagé les caractères rouges distinctifs de
ces véhicules. Les autres marquages du camion ont été
peints au pochoir.
Du
4 au 18 août 1944, Miss Nashville accomplit 13
missions nocturnes sur les sites de lancement des
armes de représailles V1 et V2, avant d'être
remplacé par des B-26 "Marauder" convertis
en avion de reconnaissance.
Miss
Nashville retrouva sa livrée "Bare-metal"
en septembre 1944 pour être officiellement affecté
à des missions de transport de courrier (???). Le 26
octobre 1944, "Miss Nashville" effectue une
mission spéciale pour le compte de l'OSS (office of
Strategic Services), transport d'un agent infiltré ou
collecte de renseignements derrière les lignes
ennemies. Touché par la FLAK, le B-25 s'écrase dans
la région de Châlons-sur-Saône en Bourgogne.
La
mention laconique MIA (Missing in Action) after
suchwork over France, reprise dans le rapport du 26
octobre 1944 de la 8th U.S.A.A.F. "marqua la fin
de Miss Nashville".

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