Le Plan Sussex en quelques mots
Dans le cadre de la préparation du
débarquement en France, l’État Major du Général
Eisenhower imagina en mars 1943 de créer un plan baptisé
"Sussex", visant à mettre en place dans toutes les
régions au nord de la Loire qui seraient zone de
combats, des groupes de deux officiers observateur et
radio placés en des points stratégiques. Ceux-ci
devraient fournir aux alliés pendant et après le
débarquement des informations permanentes sur l’armée
Allemande, son ordre de bataille, ses mouvements de
troupes et notamment ceux de ces divisions "Panzer", ses
dépôts de matériels et de munitions, ses installations
de rampes de lancement des bombes volantes V1 et V2
etc., afin que l’État Major puisse prendre les décisions
opportunes et intervenir efficacement, notamment par des
bombardements sur les convois, concentrations de troupes
et de matériels.
Pour accomplir cette mission, 120
volontaires, tous français, furent retenus.
Soumis à un
entraînement intensif pendant plusieurs mois et formés à
la technique du renseignement militaire par des
instructeurs britanniques de l’Intelligence Service (I.S.)
et américains de l’Office of Stratégique Service (OSS) à
l’école de "Praewood House" près de St-Albans à une
quarantaine de kilomètres de Londres, ils furent
parachutés par groupe de deux dans les régions
concernées.
Le travail de ces agents fut rude et
difficile car la Gestapo et les services de détection
allemands étaient de plus en plus performants et nombre
d’entre eux furent arrêtés, torturés et abattus.
Cependant le travail effectué par tous fut admirable et
les américains ont pu déclarer après la guerre :
"L’activité des Sussex a été
intense et les
informations transmises des
plus importantes. Les résultats obtenus dépassèrent
largement les prévisions les plus optimistes".
Certaines équipes, surtout après le
débarquement, furent équipées de postes spécifiques,
radio-téléphones à ultra haute fréquence (UHF)
dénommés
"S-Phone". Cette radio permettait des
communications sol-air directes
avec un opérateur radio à bord d'un avion. C'est au 226
Squadron de la Royal Air Force, que fut confiée la
délicate mission de maintenir la liaison avec les
équipes Sussex et la Résistance, lors de missions
nocturnes.
Dans le but de recueillir les
renseignements et de transmettre les instructions aux
"Sussex", des aviateurs français parmi lesquels se
trouvaient Joseph Kessel, le célèbre écrivain et
journaliste, et son ami André Bernheim ont été intégrés
au sein du 226 Squadron.
Derrière l'indicatif "Marius", Joseph
Kessel se tenait en liaison phonique avec les équipes
"Sussex" au sol qui pouvaient ainsi guider les attaques
de l’aviation et de l’artillerie alliées sur les
concentrations de chars et de troupes ennemies.
Le B-25
Mitchell au 1/48ème
Reprise sous la marque Italeri, la
maquette d'Accurate Miniatures reste incontestablement
la meilleure représentation du B-25 Mitchell au 1/48ème.
Cependant, il faut reconnaître que dans cette maquette,
de nombreux points restent à améliorer. Au rayon du bon,
des lignes de structure finement gravées en creux, des
moteurs bien détaillés, des surfaces mobiles
particulièrement bien reproduites et des parties
transparentes de qualité nettement supérieure à ce qui
figurait dans le kit initial Accurate Miniatures. Au
rayon du moins bon, c'est la totalité de l'aménagement
intérieur qui devra être revue et corrigée. Les sièges
devront impérativement être remplacés par des pièces en
résine, tout comme les habillages des parois latérales
du cockpit qui méritent un peu plus de relief. Enfin, si
le train d'atterrissage principal semble tout à fait
apte à supporter le poids de la maquette, le train avant
est fin... très fin... et à manier avec beaucoup,
beaucoup de précautions !!!
L'assemblage de la maquette
Le train d'atterrissage :
La méthode n'est certes pas académique,
mais c'est par les trains d'atterrissage de l'avion que
j'ai débuté. L'abondante documentation met en avant
l'absence de la goulotte pour la durit de frein et la
nécessité de reprendre les compas d'amortisseurs qui
devront être remplacés par des pièces en photodécoupe
issues de ma boite à surplus. Le compas avant mériterait
aussi d'être remplacé mais pour une question de
solidité, j'ai préféré le conserver en l'état. Les
jambes de train reçoivent donc un spray de gris Tamiya
XF-20 coupé avec une pointe de XF-16.
On l'appelle
microtube dans les magasins spécialisés... pour ma part,
je me sers d'aiguilles de divers diamètres achetées en
magasins spécialisés dans le matériel médical (Distrimed
par exemple), ce qui revient nettement moins cher que le
produit dédié à la maquette.
La goulotte sera donc réalisée
avec une aiguille de 0,6mm de diamètre, dont sortira la
durit, pour s'implanter sur le moyeu de la roue. Les
roues d'origine sont remplacées par des roues en résine,
non pour des questions de forme mais pour une question
de densité. En effet, la fixation de l'avion sur le
diorama se fera grâce à une cheville de bois plantée en
force et collée à la colle blanche Tamiya dans chacune
des roues. L'amortisseur du train avant est remplacé par
un morceau d'aiguille (ou de microtube, c'est à votre
convenance) de diamètre adéquat, ce qui, outre le
renfort de la structure, assure un rendu métallique
impeccable.
Ailes et moteurs :
Le B-25 était propulsé par deux moteurs Wright R-2600.
Après quelques recherches parmi les accessoiristes, je
fis le choix de détailler les moteurs fournis dans
la boîte avec les moyens du bord. Les quatre couronnes
reçoivent donc un voile de peinture Tamiya TS-30 en
bombe. Après séchage, le carter est peint en gris foncé.
Chaque cylindre est ensuite vieilli à l'aide d'un jus de
"teinte neutre" à l'huile, de la gamme Sennelier. Les
tiges de cache culbuteur sont découpées dans du profilé
Evergreen et peintes en noir brillant. Des fils de
bougie sont déjà moulés avec la partie avant du carter.
J'ai préféré les remplacer par du fil d'étain de 0.3 mm,
en prenant soin de respecter leur ordre sur la couronne
d'allumage qui est peinte en aluminium. A ce stade, il
ne reste plus qu'à apposer la plaque constructeur sur
chacun des moteurs avant de les remiser.
Afin de donner de la dynamique à l'avion,
j'ai décidé d'ouvrir les volets de refroidissement. La
couronne de la maquette est sciée et de nouveaux volets
sont découpés dans de la feuille d'aluminium de 15/100mm
d'épaisseur (feuille offset). Il n'y a pas plus d'un
demi millimètre entre la longueur et la largeur des
volets. Pour ne pas faire d'erreur au moment de galber
les volets, une bande rouge a été apposée sur l'un des
côtés avant de les découper, m'assurant ainsi de les
courber dans le bon sens.
Avant d'en finir avec les moteurs, il
reste juste à rectifier l'ouverture des capots à l'aide
de papier de verre. Avant l'assemblage sur les fuseaux,
l'intérieur des capots reçoit un apprêt chromate puis
est copieusement sali par des projection de peinture à
l'huile.
Côté bord d'attaque, il conviendra de
prêter une attention particulière aux entées d'air et
aux phares d'atterrissage. Ces derniers demandent à être
cloisonnés et recevront des phares de voiture au 1/43.
Pour d'évidentes questions de limpidité, les pièces
transparentes seront remplacées par un bout d'adhésif
brillant. De nouvelles grilles d'entrées d'air sont
confectionnées dans de la grille en photodécoupe.
La conversion :
C'est
dans une configuration assez rare que s'inscrivaient
certains B-25D
de la R.A.F : Une tourelle dorsale en position arrière,
flanquée de deux mitrailleuses de sabord.
Après avoir envisagé de découper la
totalité des panneaux latéraux d'un B-25 Monogram
sacrifié pour la cause, j'ai préféré percer les sabords
à
leurs
strictes dimensions et ne prélever sur la maquette
Monogram que les parties renflées des sabords. Après un
méticuleux ponçage, à l'image de ce que l'on peut faire
pour supprimer la carotte de moulage d'une pièce en
résine, les parties supérieures et inférieures prennent
place de chaque côté du B-25 à l'aide de colle fluide.
Après séchage, il est nécessaire de creuser l'intérieur
des sabords et d'en refaire la structure en profilé
plastique.
Un spray d'apprêt Tamiya permet de
vérifier l'uniformité de l'ensemble.
Cockpit
et aménagements intérieurs.

Comme ce n'est pas le
premier B-25 que je
présente sur ce site, je ne vais pas épiloguer sur les
améliorations intérieures et me limiter à ce qui
différencie ces deux avions.
Compte tenu de
la qualité des accessoires en photodécoupe prépeinte de
la gamme Eduard, j'ai opté pour une sauce maison :
deux kits d'amélioration
permettront de corriger les faiblesses de la maquette
Italeri / Accurate. Un kit en résine de la
gamme Aires remplacera avantageusement la colonne
centrale, le plancher, les flancs du cockpit et les
sièges, quant au tableau de bord, il est remplacé par
une pièce de photodécoupe prépeinte provenant de la
gamme Eduard Zoom. Côté sièges, seules les boucles des ceintures ont
été conservées, pour être montées sur des sangles
refaites en feuille de plomb beaucoup plus réaliste. Il
faudra prévoir de nombreux essais à blanc car les pièces
en résine demandent à être affinées pour bien s'intégrer
dans la maquette.
 Il
en va de même pour le poste
du navigateur et pour le poste du bombardier.
En plus de la mise en
place des pièces en résine, la bulle
avant ne subira que de maigres améliorations,
essentiellement autour de la mitrailleuse frontale et de
son système d'amortisseur par câbles et ressorts.
Destiné à recueillir les messages envoyés
par les agents "Sussex", l'appareil était pourvu d'une
antenne implantée à la place de la tourelle ventrale.
L'opérateur
radio
prenait place devant un magnétophone qui enregistrait
les conversations avec l'agent au sol. Cet enregistreur
était implanté sur le plancher de l'avion.
Dans le même compartiment, se trouvaient les
équipements de communication de l'avion. Il ne faut pas
oublier de remplacer les postes américains par des
postes anglais qui viennent d'un Mosquito Tamiya, dont
j'avais remplacé l'équipement par du matériel… américain
!!!
Ce sont là les
seules améliorations qui méritent d'être signalées en ce
qui concerne l'intérieur de l'avion.
Le diorama

Un diorama
raconte une histoire. Bien plus qu'un simple assemblage
- même réussi - d'un avion, de véhicules et de quelques
figurines, c'est un moment d'histoire gelé en miniature.
Avant toute chose, je décidai de commencer la
construction du diorama par la réalisation des véhicules
et des figurines. Cela peut paraître surprenant mais
s'explique aisément : en agissant ainsi, j'évite le
"facteur d'écurie", cette fâcheuse tendance qui pousse
le maquettiste à accélérer à l'approche de l'arrivée, au
risque de bâcler les figurines.
 Mon choix
s'est porté sur la représentation
d'une
visite des
chefs Alliés sur le
terrain de Vitry en Artois, au cours de
laquelle on leur présente le dispositif mis en œuvre
dans le cadre de la
collecte des renseignements recueillis auprès des
équipes "Sussex". De nombreux personnages connus
figurent donc sur cette scène. Parmi le nombre, on peut
reconnaître l'écrivain
 Joseph Kessel, André
Bernheim, l'Air
Chief Marshall Arthur Conningham, le Field Marshall
Bernard Low Montgomery.
Le général Omar Bradley est également présent,
accompagné du colonel
Powell, chef du renseignement pour
le 12th Army Group que commandait Bradley. La sculpture
de la plupart de ces figurines est l'œuvre de Eddie Rosier.
Il m'a été
particulièrement difficile de trouver comment
s'effectuait le traitement de l'information une fois
rapportée sur le terrain avancé du 226 Squadron. Ne
disposant pas
d'installations
fixes sur le continent, les services de Bletchley Park avaient
assigné un détachement du Royal Corps of Signals auprès
du 226
Squadron.
De plus, un détachement de la Prévôté Militaire (MP)
était en charge de la sécurité de ces équipements
sensibles, qu'ils soient aériens ou terrestres.
Deux
véhicules seront donc présents sur le diorama. Le
premier est un
Bedford
QLR, version de
commandement
et de transmissions radio du Bedford QL. A ce jour,
cette déclinaison du camion n'existe pas sur le marché
du 1/48ème.

C'est donc vers
Accurate Armour que je me
suis tourné, avec le magnifique Bedford QL avitailleur
dont je n'ai utilisé que la cabine et le châssis. La
caisse a été réalisée en scratch, en m'appuyant sur les
plans d'un kit au 1/35ème, sur des photos et croquis
trouvés sur Internet.
 La
Jeep vient de la gamme Hasegawa. Ce choix est
principalement dû au dessin des pneus qui par rapport
aux autres maquettes sur le marché, m'a semblé le plus
proche des pneus utilisés par l'armée britannique. Cette
maquette ne présente qu'un défaut majeur : le capot est
trop court. J'ai donc choisi de le
corriger et de le
remouler en
résine.
L'imagination n'a
pour moi q'une place très limitée dans la
conception d'un diorama. Il existe assez de livres, de
documents vidéo et de sites Internet pour trouver les
images nécessaires à la réalisation de quelque chose
d'aussi proche que possible de la réalité. Parmi tous
ces vecteurs, Google Earth est un outil exceptionnel. Je
m'en sers systématiquement pour localiser les sites de la
seconde guerre mondiale encore visibles et collecter
autant d'informations que possible, surtout quand je ne
peux pas me rendre sur place.
Ce fut le cas pour
l'aérodrome de Vitry-en-Artois (50°20'25.46"N -
2°58'58.14"E), sur lequel on peut
encore distinguer des zones
bétonnées par les Allemands.

Une fois le socle
construit, il ne restait plus qu'à fixer l'avion sur le
tarmac, à l'aide de chevilles en bois collées à la colle
blanche, dans les roues en résine.
Comme pour la
plupart des avions à train d'atterrissage tricycle, j'ai
préféré tricher et éviter la casse lors des déplacements
du diorama. La figurine du mécanicien mettant en place
l'antenne du S-Phone sert également à donner une
quatrième "jambe" et de la stabilité à l'ensemble.
L'action du diorama se déroule fin
octobre 1944, sur le terrain anglais de Vitry-en-Artois
(B-50). Sous l'objectif d'un cameraman de la Royal Air
Force, l'équipage du B-25 vient juste de terminer un
mission au dessus de l'Alsace, où ont été largués des
agents "Sussex". En attendant le rapport de l'équipage,
le Squadron Leader Whinney
présente la mission à l'état-major allié.

|