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Histoires d'avions et d'aviateurs

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PLAN SUSSEX - 1944

Le Plan Sussex en quelques mots

 

Dans le cadre de la préparation du débarquement en France, l’État Major du Général Eisenhower imagina en mars 1943 de créer un plan baptisé "Sussex", visant à mettre en place dans toutes les régions au nord de la Loire qui seraient zone de combats, des groupes de deux officiers observateur et radio placés en des points stratégiques. Ceux-ci devraient fournir aux alliés pendant et après le débarquement des informations permanentes sur l’armée Allemande, son ordre de bataille, ses mouvements de troupes et notamment ceux de ces divisions "Panzer", ses dépôts de matériels et de munitions, ses installations de rampes de lancement des bombes volantes V1 et V2 etc., afin que l’État Major puisse prendre les décisions opportunes et intervenir efficacement, notamment par des bombardements sur les convois, concentrations de troupes et de matériels.

 

Pour accomplir cette mission, 120 volontaires, tous français, furent retenus. Soumis à un entraînement intensif pendant plusieurs mois et formés à la technique du renseignement militaire par des instructeurs britanniques de l’Intelligence Service (I.S.) et américains de l’Office of Stratégique Service (OSS) à l’école de "Praewood House" près de St-Albans à une quarantaine de kilomètres de Londres, ils furent parachutés par groupe de deux dans les régions concernées.

 

Le travail de ces agents fut rude et difficile car la Gestapo et les services de détection allemands étaient de plus en plus performants et nombre d’entre eux furent arrêtés, torturés et abattus. Cependant le travail effectué par tous fut admirable et les américains ont pu déclarer après la guerre :


"L’activité des Sussex a été intense et les
informations transmises des plus importantes. Les résultats obtenus dépassèrent largement les prévisions les plus optimistes".

 

Certaines équipes, surtout après le débarquement, furent équipées de postes spécifiques, radio-téléphones à ultra haute fréquence (UHF) dénommés "S-Phone". Cette radio permettait des communications sol-air directes avec un opérateur radio à bord d'un avion. C'est au 226 Squadron de la Royal Air Force, que fut confiée la délicate mission de maintenir la liaison avec les équipes Sussex et la Résistance, lors de missions nocturnes.

 

 

Dans le but de recueillir les renseignements et de transmettre les instructions aux "Sussex", des aviateurs français parmi lesquels se trouvaient Joseph Kessel, le célèbre écrivain et journaliste, et son ami André Bernheim ont été intégrés au sein du 226 Squadron.

 

Derrière l'indicatif "Marius", Joseph Kessel se tenait en liaison phonique avec les équipes "Sussex" au sol qui pouvaient ainsi guider les attaques de l’aviation et de l’artillerie alliées sur les concentrations de chars et de troupes ennemies.

 

 

 

Le B-25 Mitchell au 1/48ème

 

Reprise sous la marque  Italeri, la maquette d'Accurate Miniatures reste incontestablement la meilleure représentation du B-25 Mitchell au 1/48ème. Cependant, il faut reconnaître que dans cette maquette, de nombreux points restent à améliorer. Au rayon du bon, des lignes de structure finement gravées en creux, des moteurs bien détaillés, des surfaces mobiles particulièrement bien reproduites et des parties transparentes de qualité nettement supérieure à ce qui figurait dans le kit initial Accurate Miniatures. Au rayon du moins bon, c'est la totalité de l'aménagement intérieur qui devra être revue et corrigée. Les sièges devront impérativement être remplacés par des pièces en résine, tout comme les habillages des parois latérales du cockpit qui méritent un peu plus de relief. Enfin, si le train d'atterrissage principal semble tout à fait apte à supporter le poids de la maquette, le train avant est fin...  très fin... et à manier avec beaucoup, beaucoup de précautions !!!

 

L'assemblage de la maquette

 

Le train d'atterrissage :

 

La méthode n'est certes pas académique, mais c'est par les trains d'atterrissage de l'avion que j'ai débuté. L'abondante documentation met en avant l'absence de la goulotte pour la durit de frein et la nécessité de reprendre les compas d'amortisseurs qui devront être remplacés par des pièces en photodécoupe issues de ma boite à surplus. Le compas avant mériterait aussi d'être remplacé mais pour une question de solidité, j'ai préféré le conserver en l'état. Les jambes de train reçoivent donc un spray de gris Tamiya XF-20 coupé avec une pointe de XF-16.

 

On l'appelle microtube dans les magasins spécialisés... pour ma part, je me sers d'aiguilles de divers diamètres achetées en magasins spécialisés dans le matériel médical (Distrimed par exemple), ce qui revient nettement moins cher que le produit dédié à la maquette. La goulotte sera donc réalisée avec une aiguille de 0,6mm de diamètre, dont sortira la durit, pour s'implanter sur le moyeu de la roue. Les roues d'origine sont remplacées par des roues en résine, non pour des questions de forme mais pour une question de densité. En effet, la fixation de l'avion sur le diorama se fera grâce à une cheville de bois plantée en force et collée à la colle blanche Tamiya dans chacune des roues. L'amortisseur du train avant est remplacé par un morceau d'aiguille (ou de microtube, c'est à votre convenance) de diamètre adéquat, ce qui, outre le renfort de la structure, assure un rendu métallique impeccable.

 

Ailes et moteurs :

 
Le B-25 était propulsé par deux moteurs Wright R-2600. Après quelques recherches parmi les accessoiristes, je fis le choix de détailler les moteurs fournis dans la boîte avec les moyens du bord. Les quatre couronnes reçoivent donc un voile de peinture Tamiya TS-30 en bombe. Après séchage, le carter est peint en gris foncé. Chaque cylindre est ensuite vieilli à l'aide d'un jus de "teinte neutre" à l'huile, de la gamme Sennelier. Les tiges de cache culbuteur sont découpées dans du profilé Evergreen et peintes en noir brillant. Des fils de bougie sont déjà moulés avec la partie avant du carter. J'ai préféré les remplacer par du fil d'étain de 0.3 mm, en prenant soin de respecter leur ordre sur la couronne d'allumage qui est peinte en aluminium. A ce stade, il ne reste plus qu'à apposer la plaque constructeur sur chacun des moteurs avant de les remiser.

 

Afin de donner de la dynamique à l'avion, j'ai  décidé d'ouvrir les volets de refroidissement. La couronne de la maquette est sciée et de nouveaux volets sont découpés dans de la feuille d'aluminium de 15/100mm d'épaisseur (feuille offset). Il n'y a pas plus d'un demi millimètre entre la longueur et la largeur des volets. Pour ne pas faire d'erreur au moment de galber les volets, une bande rouge a été apposée sur l'un des côtés avant de les découper, m'assurant ainsi de les courber dans le bon sens.

 

Avant d'en finir avec les moteurs, il reste juste à rectifier l'ouverture des capots à l'aide de papier de verre. Avant l'assemblage sur les fuseaux, l'intérieur des capots reçoit un apprêt chromate puis est copieusement sali par des projection de peinture à l'huile.

 

Côté bord d'attaque, il conviendra de prêter une attention particulière aux entées d'air et aux phares d'atterrissage. Ces derniers demandent à être cloisonnés et recevront des phares de voiture au 1/43. Pour d'évidentes questions de limpidité, les pièces transparentes seront remplacées par un bout d'adhésif brillant. De nouvelles grilles d'entrées d'air sont confectionnées dans de la grille en photodécoupe.

 

La conversion :

 

 

C'est dans une configuration assez rare que s'inscrivaient certains B-25D de la R.A.F : Une tourelle dorsale en position arrière, flanquée de deux mitrailleuses de sabord.

 

Après avoir envisagé de découper la totalité des panneaux latéraux d'un B-25 Monogram sacrifié pour la cause, j'ai préféré percer les sabords à leurs strictes dimensions et ne prélever sur la maquette Monogram que les parties renflées des sabords. Après un méticuleux ponçage, à l'image de ce que l'on peut faire pour supprimer la carotte de moulage d'une pièce en résine, les parties supérieures et inférieures prennent place de chaque côté du B-25 à l'aide de colle fluide. Après séchage, il est nécessaire de creuser l'intérieur des sabords et d'en refaire la structure en profilé plastique.

 

Un spray d'apprêt Tamiya permet de vérifier l'uniformité de l'ensemble.

 

Cockpit et aménagements intérieurs.


Comme ce n'est pas le premier B-25 que je présente sur ce site, je ne vais pas épiloguer sur les améliorations intérieures et me limiter à ce qui différencie ces deux avions.

 

Compte tenu de la qualité des accessoires en photodécoupe prépeinte de la gamme Eduard, j'ai opté pour une sauce maison : deux kits d'amélioration permettront de corriger les faiblesses de la maquette Italeri / Accurate. Un kit en résine de la gamme Aires remplacera avantageusement la colonne centrale, le plancher, les flancs du cockpit et les sièges, quant au tableau de bord, il est remplacé par une pièce de photodécoupe prépeinte provenant de la gamme Eduard Zoom. Côté sièges, seules les boucles des ceintures ont été conservées, pour être montées sur des sangles refaites en feuille de plomb beaucoup plus réaliste.  Il faudra prévoir de nombreux essais à blanc car les pièces en résine demandent à être affinées pour bien s'intégrer dans la maquette. Il en va de même pour le poste du navigateur et pour le poste du bombardier.

 

En plus de la mise en place des pièces en résine, la bulle avant ne subira que de maigres améliorations, essentiellement autour de la mitrailleuse frontale et de son système d'amortisseur par câbles et ressorts.

 

Destiné à recueillir les messages envoyés par les agents "Sussex", l'appareil était pourvu d'une antenne implantée à la place de la tourelle ventrale. L'opérateur radio prenait place devant un magnétophone qui enregistrait les conversations avec l'agent au sol. Cet enregistreur était implanté sur le plancher de l'avion. Dans le même compartiment, se trouvaient les équipements de communication de l'avion. Il ne faut pas oublier de remplacer les postes américains par des postes anglais qui viennent d'un Mosquito Tamiya, dont j'avais remplacé l'équipement par du matériel… américain !!!

 

Ce sont là les seules améliorations qui méritent d'être signalées en ce qui concerne l'intérieur de l'avion.

 

Le diorama

 

Un diorama raconte une histoire. Bien plus qu'un simple assemblage - même réussi - d'un avion, de véhicules et de quelques figurines, c'est un moment d'histoire gelé en miniature.


Avant toute chose, je décidai de commencer la construction du diorama par la réalisation des véhicules et des figurines. Cela peut paraître surprenant mais s'explique aisément : en agissant ainsi, j'évite le "facteur d'écurie", cette fâcheuse tendance qui pousse le maquettiste à accélérer à l'approche de l'arrivée, au risque de bâcler les figurines.

 

Mon choix s'est porté sur la représentation d'une visite des chefs Alliés sur le terrain de Vitry en Artois, au cours de laquelle on leur présente le dispositif mis en œuvre dans le cadre de la collecte des renseignements recueillis auprès des équipes "Sussex". De nombreux personnages connus figurent donc sur cette scène. Parmi le nombre, on peut reconnaître l'écrivain Joseph Kessel, André Bernheim, l'Air Chief Marshall Arthur Conningham, le Field Marshall Bernard Low Montgomery. Le général Omar Bradley est également présent, accompagné du colonel  Powell, chef du renseignement pour le 12th Army Group que commandait Bradley. La sculpture de la plupart de ces figurines est l'œuvre de Eddie Rosier.

 

Il m'a été particulièrement difficile de trouver comment s'effectuait le traitement de l'information une fois rapportée sur le terrain avancé du 226 Squadron. Ne disposant pas d'installations fixes sur le continent, les services de Bletchley Park avaient assigné un détachement du Royal Corps of Signals auprès du 226 Squadron. De plus, un détachement de la Prévôté Militaire (MP) était en charge de la sécurité de ces équipements sensibles, qu'ils soient aériens ou terrestres.

 

Deux véhicules seront donc présents sur le diorama. Le premier est un Bedford QLR, version de commandement et de transmissions radio du Bedford QL. A ce jour, cette déclinaison du camion n'existe pas sur le marché du 1/48ème.

 

 

 

 

 

C'est donc vers Accurate Armour que je me suis tourné, avec le magnifique Bedford QL avitailleur dont je n'ai utilisé que la cabine et le châssis. La caisse a été réalisée en scratch, en m'appuyant sur les plans d'un kit au 1/35ème, sur des photos et croquis trouvés sur Internet.

 

 

 

 

La Jeep vient  de la gamme Hasegawa. Ce choix est principalement dû au dessin des pneus qui par rapport aux autres maquettes sur le marché, m'a semblé le plus proche des pneus utilisés par l'armée britannique. Cette maquette ne présente qu'un défaut majeur : le capot est trop court. J'ai donc choisi de le corriger et de le remouler en résine.

 

 

L'imagination n'a pour moi q'une place très limitée dans la conception d'un diorama. Il existe assez de livres, de documents vidéo et de sites Internet pour trouver les images nécessaires à la réalisation de quelque chose d'aussi proche que possible de la réalité. Parmi tous ces vecteurs, Google Earth est un outil exceptionnel. Je m'en sers systématiquement pour localiser les sites de la seconde guerre mondiale encore visibles et collecter autant d'informations que possible, surtout quand je ne peux pas me rendre sur place.

 

Ce fut le cas pour l'aérodrome de Vitry-en-Artois (50°20'25.46"N - 2°58'58.14"E), sur lequel on peut encore distinguer des zones bétonnées par les Allemands.

 

Une fois le socle construit, il ne restait plus qu'à fixer l'avion sur le tarmac, à l'aide de chevilles en bois collées à la colle blanche, dans les roues en résine.

 

Comme pour la plupart des avions à train d'atterrissage tricycle, j'ai préféré tricher et éviter la casse lors des déplacements du diorama. La figurine du mécanicien mettant en place l'antenne du S-Phone sert également à donner une quatrième "jambe" et de la stabilité à l'ensemble.

 

L'action du diorama se déroule fin octobre 1944, sur le terrain anglais de Vitry-en-Artois (B-50). Sous l'objectif d'un cameraman de la Royal Air Force, l'équipage du B-25 vient juste de terminer un mission au dessus de l'Alsace, où ont été largués des agents "Sussex". En attendant le rapport de l'équipage, le Squadron Leader Whinney présente la mission à l'état-major allié.

 

 

 

 

 

   

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